Les Amis du Cher Canalisé
Les Amis du Cher Canalisé

 Une bonne partie cette page contient des documents textes et images en provenance d'une exposition créée par:

Les Amis du Musée et du site de Tasciaca - Thésée - Pouillé - Monthou sur Cher (41).

Le complément: textes, photographies et dessins, a été créé par le web-master de ce site, avec des crédits photo de l'association des Amis du Cher canalisé et des documents libres de droits.

Par référence aux travaux de Françoise de Person, François Beaudouin, François de Izarra, Eric Rieth

 

 

LA NAVIGATION ANTIQUE  

LES PIROGUES MONOXYLES

Mis à part les différents types de radeaux, les pirogues monoxyles sont les plus anciennes des embarcations connues. Elles sont de toutes les époques et de toutes les civilisations. Leur particularité est d'être creusée dans un seul tronc d'arbre : en général un chêne de grande taille et de grand diamètre, l'évidement se faisant à l'herminette et à la hache, quelquefois aussi par brûlage contrôlé. Il fallait tout de même enlever 90% de bois ! 

                           

Les dimensions de ces pirogues étaient évidemment liées à la taille des billes de bois disponibles. Leurs longueurs moyennes se situaient entre 5 et 6 mètres, mais les plus grandes pouvaient atteindre entre 10 à 13 mètres. La largeur était comprise entre 0,50m et 0,90m.

Evolution de la forme des pirogues monoxyles

  • La forme cylindrique suit au plus près le contour de l'arbre. A l'extérieur, seuls l'écorce et l'aubier ont été enlevés. Elle donne un volume maximal par rapport au volume de l'arbre mais présente une mauvaise stabilité
  • La forme "flancs cylindriques et fond plat" offre une meilleurs stabilité et un tirant d'eau plus faible.
  • La forme avec "fond et flancs plans, intérieurement et extérieurement est due à une évolution technologique plus poussée. Les pirogues monoxyles trouvées dans le Cher appartiennent à cette catégorie.

Ces différentes formes sont apparue successivement, mais elles ont aussi coexisté pendant une longue période. la morphologie d'une épave ne suffit donc pas pour la dater.

LES PIROGUES TROUVÉES DANS LE CHER

Notre rivière Cher, elle aussi, a livré quelques épaves de pirogues monoxyles : à Saint-Florent, Villeneuve, Villefranche, Saint-georges sur la Prée. On a trouvé aussi une de ces épaves sur un petit affluent du Cher, l'Arnon, à Massay, près de Vierzon. Seule cette dernière découverte en 1983, a été datée avec certitude : elle serait médiévale (X ème - XI ème siècle).

La pirogue de Saint-Georges sur la Prée était de grandes dimensions (longueur 8,20m - largeur 0,90 à 1m) en forme d'auge avec les extrémités "en tableau" rapportées. Les autres pirogues de la région devaient être plus petites et de formes plus courantes : sections transversales rectangulaires, fond plat, flancs droits ou plus ou moins arrondis, "levées" à l'avant et à l'arrière.

On a trouvé des épaves de ce genre d'embarcation un peu partout en France, généralement de façon complètement fortuite, après des crues ou lors de travaux dans les vals d'inondation. Elles étaient restées enfouies pendant des centaines d'années sous des berges au fond de bras morts, ou au fond d'anciens lits des cours d'eau. On sait qu'elles ont été utilisées pendant une très longue période, probablement depuis le Néolithique, à coup sûr à l'époque Celtique et Gallo-romaine, au Moyen Age et anecdotiquement, au début du XX ème siècle.

 

Quel pouvait être l'usage de ces bateaux ? On pense qu'ils étaient utilisés pour des besoins locaux :pêche, petits déplacements, ...    Les plus grandes pirogues pouvaient recevoir des charges utiles de plusieurs centaines de kg pour des parcours qu'on imagine beaucoup plus longs. Leurs moyens de propulsion : la pagaie, la perche,et le halage. la voile n'a probablement pas été utilisée pour les pirogues: on n'a pas trouvé sur les épaves de traces de montures de mât.

Les bateaux entièrement assemblés

 

Structurellement, ils n'ont plus rien de commun avec les pirogues. Ils ne sont maintenant constitués que de planches débitées, par sciage ou fendage; La constitution de ces bateaux part toujours d'un fond plat ( nécessité d'un faible tirant d'eau) sur le quel on a monté les bordages. Du fait que la continuité entre le fond et le bordage n'est plus monobloc, la liaison de ces deux éléments doit être assurée par de solides pièces de bois en équerre : les "courbes". ce mode de construction va donner naissance, avec des variantes, à toute une famille de bateaux, empruntant ou adoptant au cours des siècles, des techniques venues d'ailleurs.

 

Les Gaulois et les Gallo-romains, sur des rivières peu profondes comme la Loire et ses affluents, pouvaient disposer selon leurs besoins de pirogues monoxyles, de pirogues monoxyles assemblées et de bateaux entièrement assemblés. Leurs dimensions pouvaient aller de 4 à 5 mètres de longueur et de 50 à 70cm de largeur pour les petites pirogues, et de 18 à 20m de long et 2à 3m de large pour les plus gros bateaux assemblés. Ces derniers pouvaient charger jusqu'à 15 tonnes et pouvaient remonter la rivière très en amont. des chargement étaient aussi transbordés sur des bateaux plus petits pour le remonte, et, inversement, plus récemment sur des bateaux plus grands par exemple à la jonction du canal de Berry et le Cher canalisé dont le gabarit est plus important.

LA NAVIGATION ANCIENNE

Les bateaux et le mode de navigation imaginés par les hommes montrent une extraordinaire adaptation à leur rivière, aux besoins et aux possibilités de construction:

La rivière était peu profonde; on a donc fait des bateaux à fond plat, à faible tirant d'eau. Il n'y avait pas de dérive : on a inventé la "piautre". Les vents soufflaient de l'ouest : on remontait la rivière à la voile. Pour descendre des matériaux du Haut Berry, on allait " à gré d'eau", avec le courant, en maneuvrant à la gaffe, à la perche. On a même construit des bateaux rudimentaires utilisés pour une seule descente ( les sapines ) qui étaient vendues à l'arrivée à Angers ou à Nantes pour être "déchirées" (démontés) en vue de récupérer le bois pour la construction et le chauffage.

Ces barques étaient construites "à clins". Celles-ci ont une dizaine de mètres de longueur. Utilisées par les tireurs de sable, elles pouvaient porter jusqu'à 2 tonnes.

DEPUIS LONGTEMPS LA RIVIÈRE A ÉTÉ AMÉNAGÉE

La rivière, elle aussi a dû être aménagée dans une certaine mesure, à la navigation. On y a aménagé des chenaux, on l'a balisée. Dans le Haut Cher, par exemple, en amont de Saint-Florent, on a basculé des grosses pierres et rochers des seuils (hauts fonds), sur les rives ou dans les fosses d'aval, on a dévié le courant des lits secondaires, on a construit des petits barrages partiels à pertuis de faon à remonter sensiblement le niveau amont ....

 

Des bateaux d'un tonnage pouvant aller jusqu'à 15 ou 20 tonnes ont pu ainsi, remonter jusqu'à Montluçon lorsque les conditions étaient favorables. Dès la fin du moyen âge et même avant, certains affluents du Cher, ont été, eux aussi, partiellement aménagés ; l'Yère et l'Auron, pour desservir Bourges, l'Arnon, l'Aumance, la Sauldre.

Le pont canal sur la Sauldre (canal de Berry)   

 

 

La confluence avec l'Yèvre à Vierzon

 

 

Curieusement, c'est pendant les périodes les plus anciennes que les bateaux sont remontés le plus haut en amont. Il est vrai que les bateaux étaient plus petits, et aussi que les hommes étaient plus opiniâtres, plus déterminés, moins exigeants sur la "rentabilité", et que la nécessité était impérieuse.

PAS TOUJOURS COMMODE, LA RIVIÈRE CHER !

Les hommes ont souvent eu à surmonter embûches et difficultés sur la rivière : cours assez rapide, en général peu profond, succession de hauts fonds, bancs de sable, caprices saisonniers, étiages, crues... mais il fallait faire avec....nécessité oblige !

 

LA NAVIGATION : TRANSPORT PAR EAU

 

Avant le chemin de fer et la route, chaque fois que cela était possible, le transport par eau était préféré s'il n'y avait pas d'impératif de rapidité; C'était quasiment le seul moyen économique pour les produits et matériaux non périssables, lourds ou encombrants. Un cheval, attelé à un tombereau, sur une bonne route empierrée, peut tirer une charge de une tonne. Attelé à un bateau circulant sur un canal ou une rivière canalisée, peut tirer une charge de 60 tonnes, à peu près à la même vitesse; il faudrait donc une caravane de 60 tombereaux pour le même travail ( F. Arago, début XIX ème siècle).

 

UNE NAVIGATION DEPUIS FORT LONGTEMPS...

 

Depuis le XVI ème siècle, des bateaux remontaient aussi des petits affluents du Cher, qu'aujourd'hui, on n'imagine même pas qu'ils furent navigables. Des bateaux chargés de 10 ou 25 tonnes d'ardoise, remontaient l'Yère et l'Arnon jusqu'à Bourges et même jusqu'à Dun. Également, des bateaux chargés de sel atteignaient Issoudun, par l'Arnon  et la Théols qui ressemble aujourd'hui à un gros ruisseau.

 

Il y a 80ans, le dernier chaland passait sur le Cher entre Tours et Montrichard. et la dernière "Berrichonne" était poussée par son moteur diesel de 15 chevaux. De temps à autre, deux berrichonnes étaient couplées pour naviguer sur la partie canalisée du Cher. C'était la fin d'une période intense de navigation sur le Cher. Elle avait commencé depuis fort longtemps. En sont témoins les vestiges de bateaux primitifs, des pirogues, enfouis dan,s les limons du Cher depuis 2 ou 3000 ans, ou peut être plus ? découverts fortuitement à Villefranche, Saint- Georges de la Prée, à saint-Florent-sur-Cher, à Massay ....

 

Cette navigation sur le Cher, mais également celle de la Loire, très importante au cours des siècles passés, résultait de deux facteurs:

 

Une très forte demande d'échanges entre les régions de l'Ouest, et celles du Centre et de l'Est, et également, entre l'Atlantique et le monde Méditerranéen, via la vallée du Rhône.

 

MAIS QUE TRANSPORTAIT-ON ?

 

De tout. Les auteurs anciens nous donnent quelques indications : des céréales, du vin, de l'huile, du sel, des poissons de mer et des coquillages vivant dans des viviers....de la toile, des peaux ....et des voyageurs. Les archéologues nous ajoutent des produits lourds : des meules d'Auvergne, des sarcophages et surtout des céramiques sigillées et communes ( les productions des potiers de Tasciaca ont été en grande partie diffusées grâce au Cher). Également, le bois d’œuvre, les matériaux de construction, des éléments de décoration en pierre noble, ....

 

DES BATEAUX AUJOURD'HUI SORTIS DE L'OUBLI

 

Depuis une vingtaine d'années , bon nombre d'associations se sont constituées pour reconstruire des bateaux de Loire et sur le Cher : Les bateliers de savonnières, Le Jean Bricau (Veretz), le Valchantray ( Athée-sur-Cher), ne sont qu'un exemple limité au Cher mais il y en a beaucoup plus sur la Loire et la Vienne.

Les Amis du Cher Canalisé
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